Le Sommet de Dakar


Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) et les Mariages d’Enfants (ME) sont des pratiques néfastes profondément ancrées dans les cultures traditionnelles et ayant pour soubassement des inégalités de genre et la pauvreté. En dépit des résolutions des Nations Unies et des organisations panafricaines, ainsi que des législations nationales criminalisant les MGF dans la majorité des pays africains, ces pratiques restent répandues dans le continent.

Selon l’Union africaine, le mariage d’enfant est un mariage coutumier, religieux ou légal de tout être âgé de moins de 18 ans. Il a lieu avant qu’une fille ou un garçon ne soit physiquement et psychologiquement prêt à assumer les responsabilités du mariage et de la maternité.

Plus de 200 millions de femmes et de filles continuent de subir les effets des MGF à travers le monde et en Afrique, selon les estimations actuelles, 50 millions de jeunes filles risquent d’en être victimes d’ici 2030. Dans le monde, environ 1 femme sur 4 s’est mariée avant l'âge de 18 ans. Tandis que les données en provenance de 47 pays montrent qu'en général l'âge médian au premier mariage augmente graduellement, le rythme d’évolution reste lent dans l’ensemble. Alors que 48 % des femmes entre 45 et 49 ans ont été mariées avant l'âge de 18 ans, leur proportion n'a seulement chuté qu'à 35 % chez les femmes entre 20 et 24 ans. Les mariages des enfants demeurent particulièrement une réalité pour des millions d’enfants (surtout les filles) à travers l’Afrique qui enregistre le deuxième taux le plus élevé au monde après l'Asie du Sud, avec en corollaire des conséquences dévastatrices que cela peut entraîner sur leur éducation, leur santé et leurs perspectives d’avenir. 

L’Afrique de l’Ouest et du Centre, en particulier, suit de près l’Asie du Sud avec deux sur cinq (41%) des filles qui se marient avant l’âge de 18 ans. Cumulativement, la fréquence des mariages des enfants en Afrique subsaharienne est au-dessus de la moyenne mondiale de 34%. Des rapports indiquent que 39% des filles de cette zone sont mariées avant leur 18e anniversaire, 13% avant leur 15ème anniversaire. Les statistiques peuvent être alarmantes, mais certains pays au sud du Sahara parviennent à endiguer le phénomène, en milieu rural ou en milieu urbain, ou dans les deux à la fois. Au moins 12 pays ont réduit l'incidence des mariages des enfants de 10 % ou plus. 

Dans certains pays africains, des mobilisations ont permis de faire baisser les taux de prévalence des MGF et des ME. Mais, malgré l’environnement juridique favorable, l’impact des textes législatifs se heurte souvent à des pratiques traditionnelles néfastes et à des croyances religieuses portées par des leaders religieux et/ou communautaires dont l’influence pèse plus que les interdits posés par les Etats.

Des progrès politiques importants ont été cependant accomplis au cours des dernières années. Le 32ème Sommet des Chefs d'Etats et de Gouvernements de l’Union africaine, tenu les 10 et 11 février 2019, à Addis Abéba, a ainsi adopté la Décision visant à "Renforcer l'Engagement Politique pour l'Elimination des Mutilations Génitales Féminines en Afrique». De même, le 2e sommet de la fille africaine tenu à Accra (Ghana), du 23 au 24 novembre 2018, par l’Organisation des Premières dames africaines contre le VIH/Sida a condamné les mariages d’enfants et les MGF.Ces décisions sont importantes, mais l’élimination des MGF et des ME nécessite un changement radical des croyances et des attitudes chez les communautés, ainsi que des politiques et des investissements.

Pour renforcer ces acquis, le Gouvernement sénégalais et le Gouvernement gambien co-organisent, en collaboration avec le mouvement Big Sisters et l'ONG Safe Hands for Girls, le 1er Sommet africain sur les MGF et les ME. Ce Sommet, prévu les 16, 17 et 18 juin 2019, à Dakar, impliquera des Chefs d’Etats et de gouvernements, des partenaires techniques et financiers, des autorités religieuses et traditionnelles, des organisations de la société civile, des survivantes et des organisations de jeunes dont l’influence aide déjà à réduire la prévalence de ces deux pratiques néfastes.

 

Objectif général

Traduire en actions l’engagement des Etats, des leaders religieux, des chefs traditionnels, des survivantes, des OCB, des médias, des organisations de jeunes et de la société civile afin de contribuer à l’élimination des MGF et des ME d’ici 2030.

Objectifs spécifiques

  • 0S 1: Partager et capitaliser les expériences et les bonnes pratiques notées dans chaque pays ;
  • 0S 2: Inciter les Etats à créer un cadre juridique légal favorable à l’élimination des MGF et des ME d’ici 2030 ;
  • 0S 3 : Développer des stratégies innovantes pour l’élimination des MGF et des ME à travers des actions concrètes auprès des communautés de base.

 

Résultats attendus

  • R1 : Les participants de 16 pays ont partagé leurs expériences et capitalisé leurs bonnes pratiques sur les MGF et les ME
  • R2 : un cadre juridique légal favorable pour l’élimination des MGF et des ME est créé par les Etats d’ici 2022
  • R3 : Des stratégies innovantes pour l’élimination des MGF et des ME sont élaborées et leur mise en œuvre planifiée à travers des actions concrètes auprès des communautés de base.